Annonces classées | Nos Hebdos
Journal de St-Michel
Vie communautiare
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Intégrer les immigrants dès le berceau

Début du projet Relevailles

par Emiliano Arpin-Simonetti
Voir tous les articles de Emiliano Arpin-Simonetti
Article mis en ligne le 5 octobre 2008 à 10:19
Soyez le premier à commenter cet article
Intégrer les immigrants dès le berceau
La bénévole à Mon resto St-Michel Catalina Cordoba et son fils Akram lors de la première rencontre du projet relevailles le 1er octobre. Une cinquantaine d'intervenantes du quartier étaient présentes.
Intégrer les immigrants dès le berceau
Début du projet Relevailles
Mettre un enfant au monde est un défi de taille pour tous les parents. Les poupons, c’est connu, ne viennent pas avec un manuel d’instruction et leur arrivée provoque bien des chambardements dans la vie de leurs parents. Pour les familles immigrantes, les défis de la maternité sont encore plus grands; en plus de devoir s’adapter à la société d’accueil, ils se retrouvent bien souvent isolés, sans le réseau de soutien auxquels ils sont habitués pour faire face à leur nouveau rôle. C’est pour leur venir en aide et mieux les intégrer qu’a été pensé le projet Relevailles, qui s’amorçait le 1er octobre dernier avec une rencontre conférence donnée dans le cadre de la semaine québécoise des rencontres interculturelles.
Une cinquantaine d’intervenantes du quartier St-Michel -et quelques intervenants- étaient réunies à la Ruchée à l’occasion de cette conférence qui marquait le début de la première étape du projet Relevailles. Au cours des six prochains mois, les organisateurs du projet, les organismes Mon Resto St-Michel, la Maison d’Haïti et le CSSS de St-Léonard et de St-Michel, recenseront les besoins des familles du quartier et les ressources disponibles en termes de périnatalité. Une journée forum sera ensuite organisée en mars 2009 pour élaborer un plan d’action en collaboration avec tous les partenaires de la table Concert’action enfance-famille.

«Le projet vise particulièrement les familles immigrantes, qui ont le double défi d’à la fois devenir des parents et de se réinsérer dans une nouvelle société après avoir quitté un pays qui a été significatif dans leur vie», explique Annie Veillette, travailleuse sociale au CSSS et coordonnatrice du projet Relevailles. La période de quelques mois suivant l’accouchement, les relevailles, en est une particulièrement sensible pour les nouveaux arrivants. Chaque culture, notamment à travers la religion, a des rituels et des coutumes différents lorsque vient le temps d’aider la jeune mère à se relever de son accouchement. Ces pratiques, qui servent de repères aux jeunes familles, sont souvent bien différentes de celles de la société d’accueil, allant même dans certains cas jusqu’à les contredire.

Le défi de la diversité

«Le moment de la grossesse amène souvent le besoin d’aller chercher des repères dans la culture d’origine, d’une façon plus importante qu’à d’autres moments, même quand la personne n’a pas un rapport très fort avec celle-ci, explique la pédopsychiatre à l’hôpital Sacré-Cœur, Sylvaine De Plaen, qui donnait une conférence sur le «berceau culturel d’ici et d’ailleurs». Il arrive qu’une mère enfante dans son pays d’origine sans problème, mais une fois arrivée ici, une fois coupée de son réseau de soutien, la mère ne sait plus comment être mère quand elle met un autre enfant au monde», poursuit-elle.

L’isolement des familles récemment installées dans la société d’accueil est la source de beaucoup de détresse à laquelle cherchera à remédier le projet Relevailles. Pour l’heure, l’objectif est de sensibiliser les intervenants du quartier aux réalités que vivent les familles immigrantes ainsi qu’aux pratiques reliées à leur culture. Une série de présentations sur les traditions de différentes communautés culturelles du quartier ont donc été données, exposant les grandes lignes des traditions musulmanes, vaudoues et asiatiques sur l’enfantement. «Il faut bien connaître les milieux des familles afin d’éviter de leur imposer des techniques de maternage en contradiction avec leur culture», souligne Sylvaine De Plaen.

La paternité québécoise

Pour venir en aide aux familles nouvellement arrivées, les intervenants du quartier doivent comprendre leur vision du monde et leurs valeurs, mais ils doivent aussi pouvoir leur expliquer celles de la société québécoise. Au cours des dix dernières années, cette dernière a vécu certaines transformations au niveau de la famille. Avec l’arrivée en masse des femmes sur le marché du travail, le rôle du père s’est considérablement accentué. Cette situation déroute parfois les pères immigrants, qui viennent bien souvent de sociétés plus traditionnelles.

«Le père arrive ici dans le but d’offrir une meilleure qualité de vie à sa famille mais il se retrouve déclassé à plusieurs niveaux, explique Raymond Villeneuve, directeur du Regroupement pour la valorisation de la paternité. On lui dit "tes valeurs, c’est pas bon, c’est macho"; en plus, il n’arrive pas à se trouver du travail dans son domaine et même dans le couple, la mère lui demande d’en faire plus.» Invité à parler de la famille québécoise, Raymond Villeneuve appelle les intervenants du quartier à penser au rôle du père dans le cadre du projet Relevailles. « Pour le bien de l’enfant, avoir un père et une mère présents, c’est aussi important.»

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


La question du net