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Zoom sur les enjeux - Le logement social : un besoin criant à St-Michel

par Emiliano Arpin-Simonetti
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Article mis en ligne le 5 octobre 2008 à 10:06
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Zoom sur les enjeux - Le logement social : un besoin criant à St-Michel
Les habitations Terrasses St-Michel inaugureront 28 nouveaux logements abordables cet automne. Toutes les places y sont déjà comblées.
Zoom sur les enjeux - Le logement social : un besoin criant à St-Michel
Avec un revenu moyen inférieur à 19 000$ par année, la population micheloise est l’une des plus défavorisées au Canada. Si le quartier compte une grande quantité de logements sociaux, la quantité de ménages qui en auraient besoin l’est cependant encore davantage. Près de 40% d’entre eux consacrent en effet plus de 30% de leurs revenus à se loger.
Depuis quelques années, de nombreux projets de coopératives d’habitation et d’organismes à but non lucratif (ONBL) ont bonifié l’offre de logement abordable dans le quartier, notamment à travers le chantier de revitalisation urbaine et sociale de Vivre St-Michel en santé. Par exemple, les habitations Terrasses St-Michel inaugureront sous peu 28 nouvelles unités de logement sur le boulevard Pie-IX, et deux coopératives sont présentement en construction dans le quartier.

Malgré ces initiatives, la demande excède de beaucoup l’offre. «Au bureau info-logement du Centre éducatif communautaire René-Goupil (CECRG), il y a une centaine de requérants qui ont fait une demande et qui ne pourront pas avoir une place dans les nouveaux projets, explique le responsable du club des partenaires en habitation de Vivre St-Michel en santé, Marcel Lebel.

De plus, si les projets de coopérative et d’ONBL en habitation sont une bonne nouvelle pour le quartier, ce type d’initiative ne représente qu’une petite partie des logements sociaux disponibles pour les Michelois.

Sur les quelques 1500 unités de logement que l’on y retrouve, environ 80% sont des HLM, des habitations à loyer modique, dont une grande partie sont administrées par l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM). Le loyer de ces logements, contrairement à celui des «logements abordables», est subventionné afin que les locataires n’y dédient pas plus de 25% de leurs revenus.

Présentement, 1397 ménages sont sur la liste d’attente de l’OMHM pour avoir accès à un tel logement. «Certaines personnes ne font pas de demande parce qu’ils croient que ça va être trop long, mais les logements sont attribués en fonction de plusieurs critères et non par ordre», tient cependant à rappeler MMM, porte-parole de l’Office, Suzanne Depaul.

Retrait du fédéral

Si les HLM sont nombreux dans le quartier, leur nombre stagne depuis que le gouvernement fédéral a cessé d’en construire en 1994.

La décision du gouvernement de Brian Mulroney en 1993, ensuite mise en application par celui de Jean Chrétien, a fait l’objet de critiques sévères devant plusieurs comités des Nations Unies (ONU) depuis une quinzaine d’années.

Depuis ces compressions, des crédits dédiés au logement abordable ont été attribués de façon irrégulière, notamment en 2000 sous le gouvernement de Jean Chrétien et en 2005, à la faveur d’une entente entre le gouvernement de Paul Martin et du NPD.

La Société canadienne de l’hypothèque et du logement (SCHL), l’organisme fédéral chargé de l’habitation au Canada, continue par ailleurs de subventionner les HLM construits avant 1994. Cette société d’État est dotée d’un budget de 2 milliards de dollars par année et a également pour mission de consentir des prêts hypothécaires et des assurances prêts. Chaque année, ses revenus se chiffrent en milliards de dollars.



Ce que proposent les partis :

Le Bloc québécois :

Veut un réinvestissement supplémentaire de 1% du budget fédéral dans le logement social, soit environ 2 milliards $ par année. Cet investissement serait financé à même les surplus de la SCHL et permettrait la construction de 20 000 unités de logement par année dont 5000 au Québec. Le Bloc a présenté deux projets de loi en ce sens en 2005 et en 2006 mais le deux ont été rejetés.

Nouveau parti démocratique :

Le NPD propose que le gouvernement fédéral investisse 1% de son budget annuel dans le logement social, soit une somme d’environ 1 milliards $. Le NPD compte financer cette mesure à même les surplus de la SCHL de même que par l’injection de nouveaux crédits.

Parti libéral du Canada :

Le programme du parti libéral prévoit construction de 30 000 logements abordables sur quatre ans et la rénovation de 30 000 autres afin de les rendre plus efficaces énergétiquement. Le PLC chiffre cette mesure à 620 millions $ sur quatre ans pour le logement abordable et à 575 millions sur quatre ans pour le programme de rénovations.

Parti conservateur

A confirmé en 2006 la création de trois fiducies, dont une de 800 millions pour le logement abordable en dehors des réserves autochtones. Cet investissement, qui totalise 1,4 milliards $ avait été voté en 2005 sous l’ancien gouvernement libéral, à la faveur d’une entente avec le NPD.

Certains programmes qui venaient à échéance en mars 2009 ont finalement été reconduits peu de temps avant le déclenchement des élections par le gouvernement conservateur. En tout, 387 millions $ seront investis par année, mais seul une partie de cette somme financera le développement du logement abordable. Le reste servira au programme d’aide à la remise en état des logements (PAREL) et la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI). Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) estime que ces sommes permettraient de construire à peine une cinquantaine de nouveaux logements sociaux par année au Québec.

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